La réunion publique du collectif Chartresàvélo, mercredi soir 26 janvier aux Abbayes Saint-Brice, a été riche en échanges et propositions, parfaitement animée par le secrétaire de l’association : Adrien Soissons.

Les résultats de l’enquête « baromètre des villes cyclables » ont été présentés de manière détaillée. Cette enquête, réalisée à l’initiative nationale de la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB) a permis à plus de 800 personnes de l’agglo de s’exprimer, contre environ 250 il y a deux ans, preuve d’une véritable prise de conscience locale.

Les principaux « points noirs » sont identifiés : places des Epars, place Drouaise, place Morard, et pont de Mainvilliers principalement, là où un accident mortel a eu lieu l’année dernière, mais aussi avenue Maunoury où la piste cyclable sur trottoir, est unanimement jugée très dangereuse par les utilisateurs de l’enquête. Les personnes présentes confirment : les vélos n’ont rien à faire sur les trottoirs. D’ailleurs, les récents aménagements cyclables de la rue du Faubourg Saint-Jean (sur trottoirs) sont également pointés comme dangereux.

Des points verts parcourent aussi la carte, là où des aménagements sécurisés ont été réalisés, comme le contre-sens cyclable de la rue Chanzy citée en exemple parce que réalisé sur la chaussée et séparé des flux automobiles par une bordure donc sécurisé, mais aussi celui de la rue des Petites Filles-Dieu dont la bande cyclable est parfaitement matérialisée et séparée dans le virage, donc sécurisée.

Saviez-vous qu’une « Ville 30 » autorise le contresens cyclable de fait (sauf arrêté motivé rue par rue), mais qu’il y a une obligation à le matérialiser par certains panneaux dans les rues à sens unique, ce qui est toujours en attente dans beaucoup des rues désormais à sens unique de la ville de Chartres ?

Des propositions complémentaires signalent l’exigence de doubler ce panneau (sens interdit – sauf vélos « M9V2 ») de marquage au sol, voire de séparateurs physique (bordure arrondie) dans les virages pour empêcher les automobilistes de mordre sur l’espace cyclable, gage de sécurité pour les utilisateurs.

Le collectif ChartràVélo fait le diagnostic d’une forte fragmentation du peu de pistes et bandes cyclables existantes dans l’agglo, trop axées sur le vélo loisirs (plan vert) au détriment de la pratique du vélo du quotidien. Aussi, le collectif revendique une hausse de l’investissement nécessaire au développement des infrastructures cyclables sécurisées à l’échelle de Chartres Métropole. Il propose un projet ambitieux planifié et chiffré. Il s’agit de construire un réseau cyclable constitué de pénétrantes et de circulaires sécurisées, en réaménageant les espaces publics, en s’inscrivant en parallèle des projets de Bus à haut niveau de service (BHNS), et en réutilisant d’anciennes voies ferrées. Ce « plan guide » vise à être concerté avec les habitants.

La salle est unanime sur la qualité et la pertinence de cette proposition, dès lors qu’elle permettrait le développement de l’usage du vélo du quotidien, en toute sécurité.

Les usagers proposent néanmoins d’agrandir le trait pour relier Maintenon via la vallée de l’Eure, et de tirer les pénétrantes cyclables jusqu’aux principales communes périurbaines : Sours, Nogent-le-Phaye, Amilly, Saint-Georges, Bailleau l’Evêque, etc. Ce qui pourrait intéresser les habitants dans leurs déplacements quotidiens, d’autant plus avec le développement des vélos à assistance électrique qui permettent d’allonger les parcours.

Au-delà des infrastructures, il est souligné qu’un des principaux freins au développement du vélo vient aussi de la problématique du stationnement dans le logement collectif, et notamment le collectif social. Il est indispensable de développer des abris-vélos sécurisés de plain pied, sécurisés et fonctionnels pour permettre à tous les habitants de pouvoir garer en sécurité leur vélo, et ainsi se déplacer quotidiennement à vélo. Les cars Rémi gagneraient aussi à être munis de porte-vélos permettant aux usagers de développer les déplacements couplés car+vélo.

Parmi les évènements : une journée « vélorution », sans voiture, a été proposée, déjà mis en œuvre dans de nombreuses agglomérations françaises pour améliorer la prise de conscience collective. Parallèlement au baromètre de la FUB, le Conseil départemental a lancé sa propre enquête, très accès sur le vélo « tourisme ». Serait-ce pour contrecarrer les résultats peu reluisants du baromètre des villes cyclables pour notre département ?

https://bit.ly/velo-28

Pour contribuer, d’autres réunions publiques de Chartravélo auront lieu. Cactus s’en fera le relais. Il est également possible d’adhérer à cette association https://chartravelo.org (10 €/an) pour contribuer à son développement et son rayonnement.

Olivier Maupu, conseiller municipal Chartres Écologie