La semaine dernière, vous avez accordé un entretien à l’Echo Républicain suite à votre élection au conseil municipal de Chartres au sein de la majorité de M. Vergne. Je rappelle que, suite à cette élection, vous assumez le mandat de première adjointe, en charge notamment de l’urbanisme, de vice-présidente de Chartres Métropole et la présidence de C’Chartres Aménagement, l’une des plus importantes Sociétés Publiques Locales (SPL) de la « galaxie gorgienne ».
Sachant cela, comprenez qu’à la lecture de la fin de l’article j’ai failli tomber de mon tabouret et m’étouffer avec mon café : vous précisez avec la plus grande décontraction que vous occupez toujours à temps plein votre poste de Directrice Générale des Services de la ville de Bonneval et de la Communauté de Communes du Bonnevalais, soit un emploi entraînant habituellement près de 50 heures de travail hebdomadaire.
Vous indiquez que cette situation vous permet de conserver « un pied dans le réel ». D’après moi, elle vous empêche surtout de consacrer le temps nécessaire à l’exercice de vos nouveaux mandats par respect pour les électrices et électeurs mais aussi des agent.es de la ville et de l’agglomération.
Avec un tel emploi du temps, comment être à l’écoute, comment accompagner les politiques publiques à mener, comment participer à la vie d’un exécutif où le dialogue doit vivre entre les différentes délégations ? Enfin, garder un pied dans la réalité c’est aussi conserver un peu de temps pour sa famille, ses ami.es, ses loisirs, la vraie vie donc…
Wonderwoman et Superman n’existent pas. Lorsque j’ai accepté la vice-présidence régionale, j’ai immédiatement réduit de 40 % mon activité et mon revenu professionnel, portion encore réduite à 50 % lorsque j’ai été élu président de l’Agence Régionale de la Biodiversité.
Les questions d’urbanisme dont vous avez la charge faisaient partie des priorités de campagne de Ladislas Vergne. Votre indisponibilité pour raisons professionnelles est-elle la raison pour laquelle le lancement de la procédure de révision du PLU est retardée et qu’aucune réflexion n’est encore engagée pour répondre aux problématiques de stationnement, de circulation et d’aménagement entre Drouaise et Morard ?
Votre équipe a gagné cette élection avec une promesse de travail, d’écoute et de proximité. Vos trois fonctions vous obligent donc à y consacrer toute votre énergie, tellement il y a à faire !
Les indemnités justement cumulées ajoutées à la rémunération pur la présidence de C’Chartres Aménagement permettent ce choix.
Conscient.es de ces enjeux et de leurs responsabilités, les candidat.es de Chartres en Commun avaient convenu en cas de succès de consacrer un minimum de jours plein par semaine par délégation.
Pierre Mendès-France disait : « Gouverner c’est choisir », je précise : « Bien gouverner, c’est parfois renoncer ».
Les Chartraines et les Chartrains méritent des élu.es qui consacrent à leur commune et à leur agglomération le temps et la charge mentale nécessaires : soyez au rendez-vous de la démocratie et de l’engagement, sinon la déception, la défiance et l’abstention progresseront encore !
Sachez qu’au nom du service de l’intérêt général et de ma haute idée des fonctions électives, je m’exprimerai également bientôt au sujet de messieurs Le Dorven (président du Conseil Départemental et de Dreux-Agglomération) et Lemoine (premier vice-président du Conseil Départemental et présidente de la CdC des Portes Euréliennes d’Eure et Loir).
Jean-François Bridet