Monsieur Jean-Pierre Gorges, vous pensez certainement, après les élections, que les Chartrains ont manqué de reconnaissance envers vous après tout ce que vous avez fait. Le vote sanctionne votre climatoscepticisme, votre arrogance, vos insultes envers les élus d'opposition et vos mensonges,
Qu'avez-vous fait de très bien ? La médiathèque, la piscine (dont la fosse de plongée est hors service depuis plusieurs années)… Quoi d'autre ?
Oui, vous avez fait planter des arbres, soit, mais vous en avez abattus en centre-ville sans raison valable, dont dix robiniers en pleine nuit, double alignement plus que centenaire et non remplacé. Non, ils n'étaient pas plantés dans 20 centimètres de terre !
En tant que co-maître d'ouvrage, via la SEM Chartres Développements Immobiliers, vous avez autorisé au 24 boulevard de la Courtille l'abattage de trois magnifiques marronniers centenaires pourtant protégés. Ce crime que vous avez toujours voulu relativiser a permis, en réaction à cette violence, de rassembler de nombreux citoyens qui ont fondé une association de défense de l'environnement et un collectif.
Vous nous avez présenté cinq « moutures » pour l'aménagement de l'esplanade devant la cathédrale, aussi aberrantes les unes que les autres et aussi coûteuses en terme d'honoraires d'architecte. Votre projet de musée souterrain jamais défini s'est évanoui faute d'intérêt.
Vous avez minéralisé des rues et des places de Chartres. Le cloître Notre-Dame est devenu un lieu sans ombre et sans charme, les nouveaux revêtements de sol des rues se délitent, car réalisés dans la précipitation, alors que les rues non rénovées voient leur revêtement se dégrader. Le nouveau parvis de la gare est surdimensionné et sans ombrage…
Vous dites avoir réalisé de « grands projets », mais ils n'ont pas toujours été implantés au meilleur endroit, ni bien maîtrisés. Tous ont fait l'objet d'énormes surcoûts : l'Hôtel de ville (non conforme au PSMV, régularisé au prix de deux modifications du règlement), dont le parking souterrain de trois niveaux supprimé en cours de chantier, l'Odyssée, performance technique et architecturale certes, mais au prix d'un dépassement de budget, l'Iliade, parc des expositions, loin du centre, dont la « rentabilité » n'est pas assurée…
Vous avez imposé un Plan Local d'Urbanisme néfaste et incohérent avec, comme principal mot d'ordre, « la densification « : hauteurs autorisées aberrantes et surtout une règle de calcul des « espaces verts » préjudiciable qui stipule qu'un mètre carré de dalle béton couverte de 40 cm de terre vaut autant qu'un mètre carré de pleine terre ! C'est ahurissant. Vous avez ainsi déroulé un tapis rouge aux promoteurs immobiliers qui, au gré des opportunités, se sont emparés ici ou là de terrains pour démolir des maisons et construire des immeubles surdimensionnés qui dénaturent le caractère du paysage urbain et troublent la tranquillité du voisinage.
Vous avez fait démolir des logements sociaux qui auraient pu être rénovés, et construit de nouveaux appartements souvent inaccessibles aux habitants du quartier les plus démunis qui ont dû « s'exiler».
Vous avez publié deux magazines mensuels pour la Ville et l'Agglomération avec un tirage exorbitant et une distribution bien au delà des territoires concernés : une véritable gabegie !
Voilà ce que je sais et ce que j'affirme. J'aurais aimé en débattre avec vous. Mais la concertation n'est pas dans vos gènes. Cette liste est malheureusement non exhaustive : d'autres que moi peuvent la rallonger.
Alors ne soyez pas étonné que 70 % des votants chartrains en mars 2026 aient souhaité TRES FORT votre départ. Ils s'en trouvent libérés et espèrent probablement que l'Agglomération (appelée par vous pompeusement Chartres Métropole) ne vous reconduise pas à sa présidence.
Je vous prie d'agréer, Monsieur Gorges, l'expression de mes sincères sentiments.
Patrick Chenevrel, président de l'Association de Défense de l'Environnement de l'Agglomération Chartraine (ADEAC)