Résultats de l'élection du président de l'intercommunalité chartraine, ce jour :
111 votants, 110 exprimés, 1 nul.
Ladislas Vergnes : 79 voix,
Didier Garnier : 29 voix,
Jean-François Bridet : 2 voix.
Chartres Métropole millésime 2026 : BIS REPETITA ?
Au tout début de la séance, Christian Paul-Loubière, maire de Jouy et fidèle parmi les fidèles de l’ancien président, demande la parole pour rendre un hommage posthume à M. Charpentier, maire de Fontenay-sur-Eure, récemment disparu. La doyenne et présidente de séance lui indique alors qu’une minute de silence est prévue après les votes d’installation. Malgré cela, il a l’impudeur de profiter du moment pour faire un élogieux bilan des 25 années de présidence, jusqu’à demander à l’assemblée de se lever pour applaudir Jean-Pierre Gorges ! Il termine par une conclusion gonflée sur ce qui aurait guidé l’action de l’exécutif sortant : « aimer et servir ». Tout observateur des dernières années aurait plutôt dit « mépriser et se servir »…
Il est ensuite temps d’entendre la parole des trois candidats, séquence que je débute au titre de l’ordre alphabétique. Mon discours fait l’objet d’un autre article sur Cactus.
M. Garnier nous gratifie d’un très long discours, qui ne dit rien sur la vision ni le contenu de sa proposition à l’exception du retournement proposé, car, après 25 années de complicité, il a vu la lumière : il faut maintenant se tourner vers la proximité envers les villages et soutenir leur développement. Il propose notamment 500 000 euros d’aide pou chaque commune dans le mandat pour un projet « one shot » d’investissement » et le financement des acquisitions foncières : adieu le Zéro Artificialisation Nette et rebonjour les lotissements ! Une autre chose très concrète au nom de « l’accompagnement d’un monde qui bouge » : développer les zones d’activité le long de la future autoroute pour tirer tous les bénéfices de cette belle opportunité ! Donc, accélérons vers le mur climatique et social, mais à la campagne !
BLA BLA BLA, territoire, BLA BLA BLA, apaisement, BLA BLA BLA, compétences, BLA BLA BLA, équité, BLA BLA BLA, richesse, BLA BLA BLA, BLA BLA BLA, BLA BLA BLA…
M. Vergne clos le débat dans un grand état d’excitation et commence par nous affirmer qu’il est très HEUREUX ! Un peu de brosse à reluire en soulignant sa joie d’être désormais parmi les maires qui forment la première ligne de la République. Il dit s’inspirer de l’héritage d’Olivier Marleix en évoquant la nécessité d’équilibre entre territoires. Encore moins de projet ou de vision que chez M. Garnier, à l’exception du souhait de la proximité et du dialogue pour construire les projets : mais lesquels ? Eh bien, il s’agit de poursuivre ceux en cours (de quoi allons-nous donc débattre ?) : soutien à l’autoroute A154, siège de la Cosmetic Valley face à la cathédrale et déploiement de nouvelles zones d’activités et « poursuite de l’enfouissement des réseaux secs et humides » ! (à part les rivières, on aimerait connaître quels réseaux humides sont actuellement aériens….). Mais chaque maire peut être rassuré : il s’engage à passer trois fois par an dans chaque commune et d'y laisser son numéro de téléphone portable ! Nous avons enfin pu admirer une langue de bois bien polie, bien vernie : BLA BLA BLA, territoires, BLA BLA BLA, rassemblement, BLA BLA BLA, proximité, BLA BLA BLA, efficacité, BLA BLA BLA, BLA BLA BLA, BLA BLA BLA…
RESULTAT : Ladislas Vergne est élu avec 79 voix sur 110 votes exprimés. On continue donc comme avant avec le sourire, des cheveux et 40 ans de moins, c’est-à-dire que l’on poursuit le massacre de nos écosystèmes, que l’on fragilise encore plus nos conditions de vie dans le futur et qu’on ne met aucun frein aux ravages des lobbies et multinationales qui exploiterons toujours plus notre espace vital.
La démocratie locale est bien malade : elle n’est plus qu’un théâtre d’ambitions et de jeux de cour là où elle devrait être le lieu où se réfléchit notre destin commun au nom de l’intérêt général et des générations futures. On peut donc être élu d’une communauté de communes de 130 000 habitants sans avoir prononcé un mot relatif aux inégalités sociales, à l’écologie, à la culture, à la formation.
Seuls Sylvie Torre et moi-même avons voté pour ma candidature alors que mon positionnement de fond était clair : il y a fort à parier que les réflexes de peur inscrits depuis un quart de siècle dans cette assemblée se perpétuent encore. J’ai donc demandé au président nouvellement élu de veiller à rendre confiance aux élu.es du conseil communautaire pour que, désormais, toute expression nuancée ou contradictoire se voit respectée et exempte de mesures de rétorsion. Je lui ai également demandé de travailler durant le mandat à rendre techniquement plus facile l’exercice de la présidence par une autre personne que le maire de Chartres, point sur lequel Didier Garnier a convergé avec moi.
Franck Masselus a aussi demandé la parole à l’issue du vote, avec la courtoisie et l’élégance qui le caractérisent. Il a reproché à Ladislas Vergne d’avoir rendu hommage au travail de Patricia Masselus, sa sœur, au sein de la direction générale de Chartres Métropole. Il a laissé entendre que l'institution ne pourrait plus compter sur ses services, car la loyauté était une valeur fondamentale de sa famille, concept que ne connaîtrait pas le président nouvellement élu… Encore un qui a loupé une occasion de sortir par la grande porte !
Je fais court sur l’interminable vote pour les vice-présidences dont il ressort deux cas qui illustrent le peu d’espoir de changement que porte ce nouvel exécutif :
Kévin Poulin, déjà adjoint aux finances de la ville, vice-président aux finances de l’agglo, ce qui maintient un conflit d’intérêt majeur à l’ère de la mutualisation ville/agglo.
Rémi Martial, coupeur d’arbres au cœur de Lèves qui qualifie de « corridor de biodiversité » la future autoroute, élu VP au Développement durable (de sa carrière politique d’ultra-cumulard ?)
Enfin, Mmes Léger et Toudy-Clément et MM Petit, Muncu et Poulin, déjà adjoint.es de la ville de Chartres, suspendront-ils leur activité professionnelle pour assumer « en proximité » ces éminents mandats ? Leur disponibilité est attendue…Dernière précision : 5 femmes et 11 hommes composent cette belle équipe !
Autricum MMXXVI : bis repetita…
Jean-François Bridet, conseiller communautaire Chartres en Commun